Micmacs à Tokyo

J’adore les Japonais et leur sens de l’organisation ! John Voight au festival de Tokyo se retrouve au pupitre pour annoncer les prix. Ses pieds sont à 20 centimètres des marques au sol. Une Japonaise se précipite sur la scène, et à quatre pattes, lui pousse les jambes pour le mettre exactement dans ses marques !
Au moins, avec les Japonais, les interviews ne dépassent jamais d’une minute…
Ouverture du festival d’Unifrance films avec Micmacs. Dehors, autour du tapis rouge, j’accompagne Cécile de France. Délire total.

Et à l’intérieur, les mêmes un peu plus tard : silence de mort. A l’issue de la projection, Q&A (Questions & answers)… On aurait entendu voler une mouche ! Soudain un garçon se jette sur la scène et m’exhibe une pancarte « 10 mn ». Puis il court s’asseoir et… s’endort, son boulot terminé.
A ma demande, « Qui a déjà visité le café d’Amélie à Montmartre », les 3/4 des mains se sont levées.

Puis séance d’autographes à la japonaise, soit 45 mn de queue qui n’en finit jamais…

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Si vous aimez manger, un critique américain a écrit que le pire des restaurants de Tokyo est meilleur que le meilleur des restaurants parisiens ! Parc contre si vous chopez une bronchite, évitez les médecins japonais : 500 euros la piquouse d’antibiotiques !

Micmacs au Texas

Festival d’Austin, la ville du Texas connue pour être plus libérale et culturelle. Drôle d’endroit où la campagne est à 500m du centre ville, et où il faut faire 30 minutes de voiture pour trouver des commerçants…

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South by southwest est un festival de musique, de multimedia et de cinéma. Projection dans un magnifique cinéma des années 20 de 1.200 places, avec Q&A à l’issue (Questions and Answers), présentée par un famous geek barbichu en fauteuil roulant.

Projo très chaude, qui m’a fait penser à Toronto…
Le film passera également au festival new-yorkais de Tribeca, puis sortie aux USA par Sony Classic.

Micmacs en Australie

Festival du film français en Australie, projos bourrées à Sydney et Melbourne, Masterclass dans les écoles de cinoche, promenade en bateau dans la baie de Sydney en compagnie des sponsors, Mr Air France, Mr Peugeot et Mme Tefal…

Belle rencontre à Sydney avec Georges Miller dans son magnifique théâtre transformé en studio d’animation où se peaufine Happyfeet 2 et se prépare Mad Max 4 (non, pas avec Mel Gibson… un prequel avec un acteur anglais).

A Sydney, autre belle rencontre avec Adam Elliot, le réalisateur du sublime Mary and Max, dont les marionnettes se trouvaient justement exposées à la cinémathèque-bunker…

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Le gaillard est en train d’écrire un nouveau film d’animation censé se passer à Paris… J’aimerais bien l’aider.

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Micmacs à Londres…

Depuis la sortie de Micmacs, j’ai commencé la promotion internationale, le film sortant dans le monde entier dans les prochains mois.
Le week-end dernier, Londres et Glasgow. Accueil très chaleureux, nouvelle affiche plutôt bien, rencontre avec un public des Bafta (Les Oscars Anglais… où j’avais eu 12 nominations avec Amélie, on avait gagné “meilleur script” et “meilleur décor”. Pour ce dernier, je garde un grand souvenir de la tête de nos concurrents perdants, les décorateurs de Lord of the ring, après la présentation de courts “clips” pour illustrer les nominations: décors épiques et grandioses pour Jackson, et pour nous: gros plan de la bille de verre qui vient desceller un carrelage dans la salle de bain d’Amélie !!!

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Rencontre avec le public également au British film Institut et au festival de Glasgow. Public très chaleureux, salles bondées…

Puis petit pince fesses à Londres organisé par les Bafta: Rencontre avec Lee Daniels (le talentueux réalisateur de Precious, que j’avais récompensé avec mon jury au festival de Deauville) et qui m’avouait que “oui, il m’avait piqué quelques plans dans Precious, mais que ce n’était rien à côté de son premier film où il m’avait piqué (gestes joints à la parole ») mon nez, ma joue, mon menton etc.”… Bon quand on inspire des gens de talent comme lui ou comme Adam Elliot, le fabuleux réalisateur de Mary and Max, que je vais rencontrer la semaine prochaine à Melbourne, ça va !

Où le réalisateur se demande si avoir du style est un défaut ou une qualité ?

J’aime les réalisateurs qui ont un style vraiment caractéristique. Il suffit de quelques secondes pour savoir qu’on est dans un film de David Lynch, d’Emir Kusturica ou de Tim Burton. De même pour les grands disparus : Sergio Leone, Orson Welles, Fédérico Fellini etc…

Ça ne veux pas dire que je ne trouve pas les autres réalisateurs intéressants. Un Roman Polanski par exemple est un grand metteur en scène et adapte son style à chaque film.

Sans vouloir me comparer à ces géants, je sais que je travaille de la première manière. Alors ça plait ou ça déplait. Il est amusant de constater que ce qui est souvent un reproche en France devient compliment dans les pays étrangers, spécialement dans les pays anglo-saxons.

Où l’on constate que c’est bien le projectionniste qui a le final cut…

Un de mes grands sujets de râlerie est ce qu’il advient de nos films une fois terminés. John Ford disait que c’est le projectionniste qui a le “final cut”, c’est-à-dire le pouvoir sur le montage final. Je me souviens avoir vu une projection de Life of Brian dans les années 80. Un directeur de salle avait coupé sauvagement dans la copie le plan où Brian apparaît à la fenêtre la bite à l’air.
Dans les années 70, une ouvreuse m’avait raconté les dix dernières minutes des Contes des mille et une nuits, parce que le projectionniste avait coupé la fin du film pour cause de “retard”. A Nîmes, pendant la scène du baiser d’Amélie, supposée être émouvante et passer dans le plus profond silence, le projectionniste avait pris le micro pour demander au propriétaire de la voiture immatriculée… de bien vouloir bouger son véhicule.

Cette fois encore, quelques anecdotes Micmacquiennes… A Auxerre, dans le cinéma appartenant à Jean Labbé, “patron des exploitants”, le son était réglé sur 4, alors que le niveau réglementaire est de 7. “Ici, c’est comme ça, sinon les gens rouspètent” m’explique le projectionniste. A Lille et à Lyon, lors des avant-premières, coupures de son. “Ah désolé, on a fait une fausse manœuvre”. Dans les salles Pathé, les bandes annonces passent sur des écrans géants dans un format tout raplapla. A Genève,  les affiches dans le hall sont éclairées en vert. Au congrès des exploitants à Deauville, les professionnels blasés regardent le film en passant leurs textos !
Me revient à l’esprit la blague de mon ami Jean-Jacques Zilberman, réalisateur, ancien propriétaire du magnifique cinéma “Max Linder” sur les grands boulevards à Paris : “les exploitants sont des loueurs de fauteuils dans des locaux, et leur travail consiste à vendre des popcorns aux gens qui viennent louer ces fauteuils”.

Où l’on comprend pourquoi le réalisateur revint de Toronto tout guilleret

C’est donc au festival de Toronto qu’aura lieu la première vraie présentation devant un vrai public.
Les tests ont lieu l’après-midi dans un immense opéra vide de 3.000 places où aura lieu la projection du soir. Au troisième balcon, l’écran est tellement loin qu’il ressemble à celui de mon IPhone…
Le projecteur numérique provisoire envoie une image sublime, le son cartonne. On s’apprête donc à partir satisfaits quand Frédéric Brillion, mon coproducteur, fait la remarque qu’on a pas vu les sous-titres. Consternation chez les techniciens. Ils ne connaissent pas encore le numérique et n’ont aucune idée comment les faire apparaître. Il faudra faire venir le spécialiste de chez Dolby pour sauver le coup. Encore une “première” qui aura frôlé la catastrophe !
Dany Boon et moi avons plus ou moins convenu d’un petit numéro pour présenter le film.

Quand nous entrons en scène, je suis consterné, la salle est au tiers vide. En fait je réalise qu’ils ne louent plus les mauvaises places, c’est-à-dire justement le troisième balcon et les côtés…
Dany fait son show, je fais le clown blanc. Il leur explique qu’il ne faut pas confondre Micmacs et “Big Mac”. Ça fait bizarre d’être à cinquante centimètres de l’artiste en représentation, face aux lumières aveuglantes, dans son élément comme un poisson dans l’eau. Le résultat est visible sur YouTube. (cliquez ici)
Super projection. Les spectateurs de Toronto sont réputés être très chaleureux. Déjà Amélie en 2001 (la veille du 11 septembre) avait été un triomphe. Ils rient 10 fois plus qu’en France lors des tests. La vanne du flic imitant De Niro fait exploser le cinéma.
Première promotion. On attaque donc direct en anglais. Dur ! J’apprends à traduire “c’est de la récup…”
le soir, dîner des réalisateurs. Je retrouve mes amis Yan Kounen, Guiseppe Tornatore, et félicite Samantha Morton pour sa performance dans The Messenger que nous avons primé à Deauville.
Le lendemain matin, projection dans une plus petite salle de seulement… 1.000 places. Bondée, standing ovation, questions-réponses…
Mon agent américain, Jeff Berg, le patron d’ICM, une des trois grosses agences d’Hollywood, me dit que si je passe par New York, un acteur voudrait me rencontrer : il s’appelle Al Pacino.
Toronto est aussi un grand marché du film. Les derniers territoires qui restaient à vendre achètent Micmacs. Comme tous mes films depuis Delicatessen, celui-ci aura le privilège d’être vu dans le monde entier. Bonne chance pour sous-titrer les dialogues de Remington !
Les premiers articles paraissent dans la presse américaine. Hyper positifs.
Amélie avait gagné le grand prix du public, Micmacs gagne le troisième prix. je ne l’apprendrai qu’incidemment, félicité par un journaliste à Londres. Personne n’avait jugé utile de m’en informer !

Photo © C.J. LaFrance/Getty Images

Micmacs à tire-larigot : le livre

Après le succès du livre Le fabuleux album d’Amélie Poulain, voici Micmacs encyclopédiques à tire-larigot, le nouveau livre de Jean-Pierre Jeunet et Guillaume Laurant, avec Phil Casoar et Bruno Léandri.
Micmacs encyclopédiques à tire-larigot est une armoire bourrée de tiroirs recelant des détails authentiques insoupçonnés. de quoi en tirer une véritable encyclopédie.

156 pages, éditions Les Arènes, 34,80 euros, disponible.

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