Première mondiale du film “Changer l’eau des fleurs” au Festival d’Angoulème
En présence de Valérie Perrin, l’autrice du roman, Leila Bekhti, Melvil Poupaud, la petite Elodie Batard Gaultier qui joue Léonine, et Mézigue.
Les 11 salles étaient pleines. Magnifiques réactions… Public conquis et retour de presse très positifs. Comme on dit, ça fait le buzz.
Bon… le film ne sort que dans trois mois…
Jeunet retrouve la magie
Changer l’eau des fleurs. Le nouveau long-métrage du réalisateur, tiré du best-seller de Valérie Perrin, a été présenté au Festival du film francophone d’Angoulême jeudi. Une grande réussite.
L’était l’une des projections les plus attendues du Festival du film francophone d’Angoulême. Jeudi soir, les onze salles du CGR de la ville étaient pleines à craquer pour Changer l’eau des fleurs, de Jean-Pierre Jeunet. Le cinéaste du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et d’Un long dimanche de fiançailles a adapté le best-seller de Valérie Perrin pour le cinéma, où il sortira le 9 décembre. Il signe une œuvre débordante d’idées, de fantaisie et d’émotions.
Une esthétique qui rappelle Amélie Poulain
L’ouvrage de Valérie Perrin est un roman à tiroirs, riche de mille rebondissements. Le long-métrage de Jeunet, lui, est un tourbillon. Avec le cinéaste, les héros ressemblent à des personnages de BD, les couleurs sont saturées et les décors ont des airs de brocante où les objets, parfois, paraissent prendre vie.
Jean-Pierre Jeunet filme tout et tout le monde en très gros plans, fait virevolter sa caméra ou apparaître ses protagonistes comme par magie. Il y a dans ce Changer l’eau des fleurs un côté cartoon ou conte, qui fait beaucoup penser à Amélie Poulain.
Dans la première partie du long-métrage, le réalisateur multiplie ces effets, notamment avec des personnages secondaires à la Prévert – Philippe Rebbot est très poétique en fossoyeur, Sergio Castellitto d’une tendresse folle en père de substitution, Albert Dupontel rigolo en notaire rigide… Puis, au fil de multiples sauts dans le temps, Jeunet creuse l’histoire de Violette. Il lève alors le pied sur ses fantaisies et fait émerger une noirceur qui prend aux tripes. Le spectateur souffre avec l’héroïne avant de cheminer, toujours avec elle, vers la lumière de la résilience. Pour “changer l’eau des fleurs”, enfin.
Matthias Schoenaerts, qui incarne le mari de Violette, a la beauté du diable et Melvil Poupaud, qui interprète le flic venu semer le trouble, un sourire angélique. Dans le rôle principal, Leïla Bekhti, magnifique, nous entraîne dans un grand huit émotionnel. Sur son visage, à cœur ouvert, les sentiments semblent décuplés.
Lors de la conversation qui a suivi la projection – très chaleureusement applaudie – jeudi soir au CGR d’Angoulême, Jean-Pierre Jeunet a expliqué qu’il avait pensé à Leïla Bekhti en voyant la comédienne pleurer sur commande dans l’émission d’interviews sur Canal+ Hot Ones, “Je peux vous assurer que dans le film, pas une larme de Leïla n’est réalisée avec de l’intelligence artificielle”, a-t-il précisé.
Catherine Balle, Le Parisien
© festival du Film d’Angoulème
Cela restera sans doute l’un des grands moments du Festival du film francophone d’Angoulême cette année : la projection en avant-première de Changer l’eau des fleurs, le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet (Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain), a profondément bouleversé les festivaliers. “Ça a été la sensation du festival, commente Dominique Besnehard, délégué général de la manifestation. Il a suscité un enthousiasme unanime parmi les spectateurs et les professionnels. Cela marque le retour de Jeunet […] Lors de la séance de débat après la projection, il s’est montré radieux et drôle. Pour moi, c’est un peu le film parfait, un grand roman-photo à la française, avec du souffle, les petites gens et des vengeances.”
lefigaro.fr
[…] Il n’est pas nécessaire d’avoir lu le roman pour être envoûté par le film. Jean-Pierre Jeunet adapte fidèlement le livre dont il reproduit la structure en forme de puzzle en un jeu fascinant dont les pièces s’emboîtent progressivement. Il évolue entre mystère et mélodrame comme le faisait le roman dont il transcrit l’esprit à l’écran. L’univers du cinéaste avec ses seconds rôles savoureux est reconnaissable entre mille mais il s’efface devant la richesse d’un récit qui tient en haleine. Changer l’eau des fleurs donne envie de (re)lire le livre de Valérie Perrin comme l’ouvrage va sans doute attirer le public au cinéma. Le film sortira en salles le 9 décembre et on lui prédit d’ores et déjà un énorme succès amplement mérité.
Caroline Vié, 20 Minutes