Une petite incursion au théâtre

Cyrana sera pour la seconde fois au festival d’Avignon au théâtre de La Tache d’encre, du 3 au 25 juillet à 19 h. Relâche le 20 juillet. Voici le petit texte que j’ai écrit pour le dossier de presse :

D’abord, il faut savoir que le Théâtre a de façon générale,

le même effet que l’avion qui roule sur le tarmac avant le décollage, c’est-à-dire la faculté de m’endormir de la première seconde jusqu’au salut de la fin. Mes amis acteurs le savent, et soit ils ne m’invitent plus. soit me voyant roupiller dans la salle, frappent le sol d’un grand coup de pied pour me réveiller en sursaut !

Et un jour, Juliette, avec qui j’ai travaillé sur de nombreuses publicités, qui a fait des apparition pleine de fantaisies dans mes longs-métrages, dont une particulière particulièrement géniale dans BigBug, m’a proposé de me jouer un seul en scène écrit par elle. Ce qui fut fait dans mes bureaux. Ayant fait une longue sieste auparavant, je tins le coup, et senti immédiatement les poils de mes bras frisotter. D’abord, j’ai été sidéré par la qualité d’écriture, des lignes poétiques que j’aurais été bien incapable d’écrire moi-même et de la faculté incroyable chez Juliette de passer d’un personnage à l’autre, tout en en interprétant une bonne douzaine ! Mes quelques neurones survivants ont commencé à faire de petits sauts comme les pois sauteurs de Pif gadget. Je pouvais probablement faire encore mieux. Améliorer les dialogues, caractériser davantage les personnages par leur attitude et leur accent. Déjà des “Punchline” me venaient à l’esprit.

Bref revoir la mise en scène. Challenge, intéressant pour moi, réalisateur de cinéma. Comment compenser les champs-contrechamps, comment occuper l’espace, et pourquoi pas ajouter des musiques et des ambiances sonores.

Je mis mes équipes sur le coup, et en quelques jours, revis la totalité de la mise en scène. Je me permis aussi de réécrire le dernier quart de la pièce, mettant Juliette à contribution pour la dialoguer. Aujourd’hui je suis très fier du résultat. Par contre, si je ne m’endors pas quand je revois Cyrana, je tremble du début à la fin, terrorisé à l’idée d’un trou de mémoire potentiel (qui n’est jamais arrivé), moi qui ai une mémoire de poisson rouge !

Revue de presse (extraits)

Quoi, Jean-Pierre Jeunet se lance dans la mise en scène théâtrale, avec la complicité de Pierre-Louis Gallo ? Sur scène, du Jeunet pur jus : voix off, bruits de la ville, musique nostalgique, poésie du quotidien, et le destin fabuleux d’une jeune héroïne. Une fantaisie poétique portée par l’excellente Juliette Wiatr, qui fait exister une galerie de personnages haut en couleur et profondément attachants. C’est du Jeunet sans caméra, mais pas sans fantaisie
Le Canard enchaîné, 01/01/2026

Ce seul en scène impressionne par sa richesse. Avec presque rien, Juliette crée tout. Elle nous surprend, nous touche, nous fait rire et réfléchir. Rarement un spectacle aura su conjuguer avec autant d’élégance, humour et profondeur, légèreté et engagement. Accessible dès 7 ans, cette création parle à toutes les générations. On en ressort le sourire aux lèvres et le cœur un peu plus léger.
Arts CultureÉvasion, 03/03/2026

Considérant que le panache n’est pas forcément masculin, Juliette Wiatr a choisi d’adapter Cyrano en en faisant une femme. S’appuyant sur le canevas de la pièce d’Edmond Rostand, elle la modernise, des SMS s’échangent (…) Le texte est habile, drôle et tendre (…) Un spectacle plein d’humour, de poésie et de tendresse, renvoyant à la pièce d’Edmond Rostand et parfaitement adaptée à un public d’adolescents, l’âge où l’on a du mal à accepter son corps, à exprimer son amour et à savoir affirmer ce qu’on veut vraiment.
Blog culture du SNES-FSU, 05/01/2026

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